Derrière le sigle SSI — système de sécurité incendie — se cache non pas un équipement unique, mais une échelle de cinq niveaux, de A à E, du plus sophistiqué au plus simple. Savoir dans quelle catégorie se situe (ou doit se situer) votre installation conditionne à la fois les équipements à installer et les vérifications à prévoir. Voici ce que recouvre chaque lettre, sans confondre la catégorie du SSI avec la catégorie de l’ERP.

SSI : de quoi parle-t-on exactement

Un système de sécurité incendie regroupe l’ensemble des matériels qui, en cas d’incendie, détectent le feu et mettent le bâtiment en sécurité : détection, alarme, désenfumage, compartimentage (portes coupe-feu), arrêt d’installations techniques. Selon le niveau de risque et la taille de l’établissement, ces fonctions sont plus ou moins complètes et automatisées — c’est cette complétude qui définit la catégorie du SSI.

Catégorie de SSI ≠ catégorie d’ERP

Les catégories de SSI (A à E) décrivent la richesse fonctionnelle du système de sécurité, tandis que les catégories d’ERP (1ʳᵉ à 5ᵉ) décrivent l’effectif reçu. Ce sont deux classifications distinctes. Le règlement de sécurité des ERP indique, pour chaque type et chaque catégorie d’établissement, le niveau de SSI exigé.

Deux briques structurent la classification. Le SDI (système de détection incendie) rassemble les détecteurs automatiques et les déclencheurs manuels qui repèrent le feu. Le CMSI (centralisateur de mise en sécurité incendie) commande les fonctions de mise en sécurité (désenfumage, portes, arrêts). La présence de l’un et de l’autre départage les catégories.

Les cinq catégories en un coup d’œil

Les catégories sont classées par sévérité décroissante : A est la plus complète, E la plus élémentaire.

CatégorieComposants clésÉtablissements typiques
ASDI complet + CMSIHôpitaux, centres commerciaux, gares, IGH
BCMSI sans détection automatique généraliséeGrands hôtels, établissements scolaires importants, cinémas
CDispositif de commande avec signalisation (DCS)Établissements moyens à désenfumage mécanique
DDispositif de commandes manuelles regroupées (DCMR)Bâtiments moyens, désenfumage naturel
EDispositif de commande manuel (DCM)Très petits ERP (commerces, boulangeries)
Ordres de grandeur. Le niveau de SSI exigé dépend du type et de la catégorie de l’ERP, fixés par le règlement de sécurité.

Catégories A et B : les systèmes complets

La catégorie A est la configuration maximale. Elle associe un système de détection incendie complet — avec détection automatique (détecteurs de fumée ou de chaleur) — et un centralisateur de mise en sécurité. Dès qu’un détecteur repère un début d’incendie, le CMSI déclenche automatiquement les fonctions de sécurité. C’est le niveau imposé aux établissements à fort enjeu : hôpitaux, grands centres commerciaux, gares, immeubles de grande hauteur (IGH).

La catégorie B concerne des établissements importants mais dont le risque justifie un système un peu allégé : elle repose sur un CMSI commandé essentiellement par les déclencheurs manuels, sans détection automatique généralisée. On la retrouve dans les grands hôtels, certains établissements scolaires de forte capacité ou les cinémas.

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Catégories C, D et E : les niveaux simplifiés

Les trois dernières catégories concernent des établissements plus modestes, où le désenfumage constitue souvent la principale fonction de mise en sécurité.

  • Catégorie C : elle comprend un dispositif de commande avec signalisation (DCS), installé localement, qui regroupe les commandes des dispositifs actionnés de sécurité (DAS) — comme le désenfumage mécanique — avec un retour d’information sur leur état.
  • Catégorie D : elle repose sur un dispositif de commandes manuelles regroupées (DCMR), permettant une commande centralisée des dispositifs de sécurité, typiquement pour un désenfumage naturel.
  • Catégorie E : la plus simple, elle se limite à un dispositif de commande manuel (DCM) de désenfumage naturel. C’est le niveau des très petits ERP, comme une boutique ou une boulangerie.

Le désenfumage étant au cœur de ces catégories, son bon fonctionnement fait l’objet de contrôles spécifiques, détaillés sur notre page vérification du désenfumage.

Vérification et maintenance d’un SSI

Quelle que soit sa catégorie, un SSI doit être maintenu et vérifié périodiquement, avec consignation au registre de sécurité. Les SSI de catégorie A et B font en outre l’objet, à intervalles réguliers, d’un contrôle par un organisme agréé, en raison de la complexité de leurs asservissements (détection, désenfumage, compartimentage). Ces vérifications garantissent que, le jour d’un incendie, chaque fonction se déclenchera comme prévu.

Un contrat de maintenance adapté à la catégorie de votre SSI assure ces contrôles et fournit les rapports attendus par la commission de sécurité. Pour l’entretien de votre système, consultez notre page maintenance SSI.

Ce qu’il faut retenir

Les catégories de SSI décrivent la complétude du système de sécurité, de A (détection automatique + centralisateur) à E (simple commande manuelle de désenfumage). Le niveau exigé pour votre établissement dépend de son type et de sa catégorie d’ERP, et non de votre choix : c’est le règlement de sécurité qui l’impose. Identifier votre catégorie de SSI est le point de départ d’une maintenance correcte et d’une commission de sécurité sans mauvaise surprise. Pour faire le point sur votre installation, demandez un devis à un professionnel certifié.

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