« Tous les combien doit-on faire un exercice d’évacuation ? » C’est l’une des questions les plus fréquentes côté RH et QHSE — et la réponse réglementaire est nette. Voici la fréquence imposée par le Code du travail, comment organiser l’exercice pour qu’il serve à quelque chose, et ce qu’il faut consigner ensuite.
Tous les combien : la règle des 6 mois
En entreprise, la fréquence n’est pas une recommandation : elle est fixée par le Code du travail.
L’article R4227-39 du Code du travail impose que les essais et visites périodiques du matériel de secours, ainsi que les exercices d’évacuation, aient lieu au moins tous les six mois. C’est une obligation de l’employeur, applicable quelle que soit la taille de l’établissement.
Autrement dit : au minimum deux exercices par an. Le texte fixe un plancher, pas un plafond — rien n’interdit d’en faire davantage, et c’est même conseillé pour les sites à fort turnover ou à risque élevé. La même périodicité semestrielle couvre aussi les essais du matériel de secours (alarme, désenfumage commandé, éclairage de sécurité) : l’exercice est souvent l’occasion de tester l’ensemble du dispositif.
Attention à ne pas confondre cette règle d’entreprise avec les cas particuliers des ERP, qui suivent des dispositions propres (voir plus bas).
Comment organiser l’exercice
Un exercice utile ne s’improvise pas. Pour qu’il révèle les vrais points faibles, organisez-le en trois temps.
- Avant : définir un scénario (lieu de départ de feu fictif, voie d’évacuation neutralisée pour corser l’exercice), désigner et briefer les guides-files et serre-files, vérifier que le balisage, les blocs de secours et les issues fonctionnent. Prévenir — ou non — le personnel selon l’objectif (un exercice surprise mesure mieux la réactivité réelle).
- Pendant : déclencher l’alarme, chronométrer l’évacuation, vérifier le rassemblement au point de regroupement, faire l’appel, repérer les comportements à risque (retour en arrière, ascenseur, oubli de personnes à mobilité réduite).
- Après : débriefer à chaud, mesurer le temps d’évacuation total, lister les anomalies (issue difficile à ouvrir, alarme peu audible dans une zone, attroupement à un goulet d’étranglement) et planifier les corrections.
La fréquence semestrielle prend tout son sens ici : le second exercice de l’année doit montrer que les défauts du premier ont été corrigés. Un exercice supplémentaire est vivement recommandé après l’arrivée d’effectifs nouveaux ou un réaménagement des locaux.
Le rapport et la consignation au registre
Un exercice non tracé n’existe pas aux yeux de l’inspection du travail. La consignation est donc une étape à part entière.
Le Code du travail prévoit que la date des exercices et essais périodiques, ainsi que les observations auxquelles ils ont pu donner lieu, soient consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail. En pratique, on rédige un compte rendu d’exercice qui mentionne au minimum :
| Élément à consigner | Détail attendu |
|---|---|
| Date et heure | Jour de l’exercice, créneau horaire |
| Scénario | Hypothèse de départ de feu, contraintes ajoutées |
| Participants | Effectif concerné, guides-files et serre-files |
| Temps d’évacuation | Durée totale jusqu’au rassemblement |
| Anomalies relevées | Dysfonctionnements matériels et comportementaux |
| Mesures correctives | Actions décidées et délais |
Ce compte rendu trouve naturellement sa place dans le registre de sécurité, aux côtés des rapports de vérification de vos équipements. C’est ce qui prouve, en cas de contrôle comme en cas de sinistre, que l’organisation de l’évacuation est sérieuse et régulière.
Cas des ERP et des établissements avec enfants
La règle des six mois est la base en entreprise (Code du travail). Certains ERP relèvent en plus de dispositions propres à leur type, fixées par le règlement de sécurité.
Le cas le plus connu est celui des établissements d’enseignement (type R) : un exercice d’évacuation y est organisé dans le mois suivant la rentrée scolaire, puis selon une cadence renforcée tout au long de l’année — l’objectif étant que les élèves connaissent les gestes avant même tout incident. D’autres types d’ERP (locaux à sommeil notamment) appliquent des consignes spécifiques.
Si votre établissement est à la fois un lieu de travail et un ERP, retenez le principe le plus exigeant : vous cumulez l’obligation semestrielle du Code du travail et, le cas échéant, les exigences propres à votre type d’ERP. Pour le panorama complet de vos obligations d’employeur, consultez notre page obligations de sécurité incendie en entreprise.